Après quelques jours de vacances, je reviens en forme sur Lorient pour redonner mes avis sur divers sujets.
Je viens d’aller sur le site du journal Le Monde pour lire l’édito de l’édition du 26 Octobre 2008.
Il s’intitule “Un pétrole moins cher”.
Mais la lecture de cet article m’a donné envie de réagir.

L’édito part du constat objectif que le prix du baril de pétrole a chuté en quelques mois. Après, l’auteur (dont je n’ai pas trouvé le nom), explique les causes et les conséquences économiques de cette baisse, puis les prévisions d’évolution.
Je partage l’analyse économique, mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi l’édito du quotidien considéré comme le meilleur en France ne s’attache qu’aux aspects économiques du prix du pétrole. Car on le sait, l’évolution a des conséquences sociales, car si le pétrole augmente, cela va peser sur le prix de l’essence et du fioul de chauffage, et donc sur les déplacements des personnes qui doivent se déplacer loin en voiture pour aller au travail notamment: les personnes qui ont du acheter un logement en périphérie des grandes villes parce que les prix y sont mois élevés, qui sont des classes modestes de la population. Cet aspect négatif de l’augmentation du prix du pétrole est totalement oublié dans l’article, alors qu’il est prégnant et qu’il soulève le douloureux sujet des déplacements, qui est très marginalisé en France, et dont le dogme de la voiture reste exclusif.
Juste après, l’auteur dit ceci:
“Il ne faut pas perdre de vue, toutefois, que si le baril descend trop bas, les investissements vont souffrir. Les projets d’exploration et d’exploitation de gisements et de ressources coûteux, tels que les sables bitumineux du Canada, le off-shore ultra-profond du Brésil ou les réserves de l’Arctique, ne sont rentables qu’à un certain niveau de rémunération.”
Et c’est là que l’article me fait bondir, moi écologiste. Car pour moi, en termes strictement environnementaux, la hausse du pétrole est la meilleure façon de freiner la consommation et d’instaurer de nouveaux comportements, et absolument pas l’occasion de forer plus profond pour trouver plus de pétrole. Bien-sûr le phénomène est réel, mais pourquoi l’auteur ne rappelle-t-il pas que la hausse du pétrole montre bien que c’est une énergie épuisable qui est en train de montrer ses limites physiques de sa sur-exploitation, au lieu de mettre en avant des solutions pour continuer à surconsommer cette source d’énergie? De plus, pourquoi ne pas rappeler que les hausses du pétrole permettent d’émettre moins de gaz à effet de serre puisque les pollueurs sont incités à réduire leur consommation? Cet aspect lié au changement climatique en cours et qui va littéralement bouleverser nos modes de vie (occidentaux comme le reste de la Planète) est négligé depuis la crise financière, malgré les multiples risques majeurs que comporte le changement climatique*.
Je trouve vraiment que l’article présente un point de vue économique libéral, et qu’il laisse de côté bons nombres de problématiques, en plus d’être politiquement orienté, ce qui me déçoit d’un journal comme Le Monde.
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