Matthieu, engagé pour la transformation de la société

Une alternative au libéralisme est possible: une politique socialiste de gauche: proche des citoyens, et dynamisant l'économie dans le seul but du développement soutenable de la société

Archive de la catégorie «Economie politique»

“Cette crise est le résultat de l’absence totale de régulation et de la connivence entre financiers et politiques”

Posté par Matthieu le 30 avril 2009

Un article bien intéressant sur les origines de la crise.

Jordan Belfort, ancien trader à New York

“S’il fallait faire une caricature d’un golden boy de Wall Street à l’avidité démentielle, Jordan Belfort, ancien trader à New York qui a purgé vingt-deux mois de prison pour fraude financière, s’imposerait.

Dans son ouvrage “Le Loup de Wall Street” (Max Milo, 601 pages, 24,90 euros) bientôt adapté au cinéma par Martin Scorsese, ce financier retiré des affaires se repent. Il raconte son histoire, sa soif de reconnaissance, son ascension puis sa chute. Avant les “affaires” Kerviel et Madoff, il dépeint un monde décadent où règnent argent, drogue et malhonnêteté.

Vous décrivez un univers financier dont les pratiques sont à la limite de la légalité. Votre histoire est-elle romancée ?

Tout ce que je dis est vrai. Cette histoire est la mienne. J’avais 23 ans quand je suis arrivé à Wall Street, et je n’avais pas dans l’idée de frauder. J’ai même été choqué par ce que j’ai découvert. Dans ce milieu, la frontière entre ambition et cupidité est ténue, et il est fréquent de dépasser les bornes. Si 90 % des gens sont honnêtes, 10 % ne le sont pas.

Que voulez-vous dire ?

Quand je suis entré chez L.F. Rothschild, j’ai découvert un monde délirant où les traders étaient les maîtres de l’univers et la consommation de cocaïne une pratique courante. Le seul objectif était de faire de l’argent. Ce que l’on nous demandait c’était de vendre des actions à tout prix. Quitte à offrir aux investisseurs des garanties qui n’étaient que verbales. Appelez ça des mensonges si vous voulez.

A vous lire, ces dérapages étaient monnaie courante dans la plupart des établissements…

Oui. Ce qui se faisait n’était pas tout à fait illégal mais amoral.

Pour quels motifs avez-vous été condamné ?

J’ai créé une société qui s’occupait de lever des capitaux pour des entreprises, de les introduire en Bourse et de vendre des actions à des investisseurs. J’étais assez doué pour les affaires, je gagnais 50 millions de dollars par an, 1 000 personnes travaillaient pour moi. J’ai transgressé les règles, j’ai manipulé des cours de Bourse et je l’ai fait à grande échelle. J’ai utilisé les possibilités de dissimulation offertes par les paradis fiscaux et j’ai placé de l’argent en Suisse.

crise

Comment expliquer que la SEC, le gendarme des marchés, ait mis dix ans à vous épingler ?

L’incompétence et l’inefficacité de la SEC ne sont plus à démontrer. Elle s’est couverte de ridicule. Ma fraude n’était pas facile à détecter mais il suffisait d’enquêter. A la SEC, le problème est que le personnel ne reste pas assez longtemps pour boucler une enquête.

Pensez-vous, au même titre que le financier new-yorkais Bernard Madoff, symboliser les dérives de la finance ?

Oui, j’incarne sans doute ces excès. Mais ma fraude a conduit à faire perdre de l’argent à des personnes très riches. Aujourd’hui, les montants n’ont plus rien à voir. Un fraudeur peut ruiner tout un pays comme l’Islande.

La crise était-elle inévitable ?

Cette crise est le résultat de l’absence totale de régulation et de la connivence entre les financiers et les politiques. En passant au gouvernement, d’anciens dirigeants de Wall Street, tels Robert Rubin ou Henry Paulson, ont fait en sorte de limiter la réglementation pour défendre les intérêts de financiers. Ils ont encouragé la spéculation et les banquiers ont, en toute légalité, mené le système au chaos. Mais si quelqu’un avait dit stop, oui, cette crise aurait pu être évitée.

L’administration Obama peut-elle mettre fin à ces excès ?

Oui, nous allons assister à une “rupture éthique”, avec plus de morale et de partage des richesses. Mais attention l’histoire se répète.

Connaissez-vous Jérôme Kerviel ?

Je ne le connais pas, mais j’ai le sentiment qu’il est un produit du système. Il a voulu gagner de l’argent et on l’y a encouragé. Pour cela il a été trop loin mais il n’a pas volé, il a perdu.”

Propos recueillis par Claire Gatinois et Anne Michel

Article paru dans l’édition du 23.04.09.

Publié dans Economie politique | Laisser un commentaire »

“Ce n’est pas la crise du capitalisme”

Posté par Matthieu le 26 septembre 2008

“La crise financière n’est pas la crise du capitalisme!” Voila le constat que pose N. Sarkozy.
Personnellement je ne suis pas tout à fait d’accord. On ne va pas faire ici le débat entre communisme et capitalisme. Mais je pense que la crise financière illustre très bien les excès du capitalisme lorsqu’il est totalement laissé à lui-même (ce que prône le libéralisme).
Là vous allez me dire que vous ne comprenez pas pourquoi N. Sarkozy critique quelquechose qu’il encourage dans toutes les lois de dérégulation économique et sociale des 18 derniers mois. Et bien c’est ce que l’on appelle du foutage de gueule, enfin plutôt du populisme. C’est-à-dire que l’on ne dit pas ce que l’on fait, mais on condamne les conséquences, tout en désignant des responsables qui ne le sont que très partiellement.
Je m’explique. Si le capitalisme est aujourd’hui devenu fou, en créant d’un côté des richesses incroyables pour une minorité dans les entreprises et pour les investisseurs spéculateurs et de l’autre de la misère, des salaires de plus en plus faibles, des délocalisations, du chômage par des non-embauches, et pire de la pauvreté extrême au niveau alimentaire, de la santé ou du logement, c’est parce que les Etats libéraux ont laissé les marchés “s’auto-réguler”, sans leur donner de règles de fonctionnement pour éviter des dérapages incontrôlés. Donc les responsables sont en premier les décideurs politiques qui ont créé les conditions pour que les aspects les plus négatifs du capitalisme se développent sans aucun frein.

Ce que je retiens du constat actuel, selon ma propre analyse, est que le libéralisme est allé trop loin, seulement dominé par les retours sur investissement, au détriment des personnes et de l’environnement. Donc pour moi, la chose à remttre en cause n’est pas l’investissement, le capitalisme ou autre, mais simplement le libéralisme, qui est un laissé faire inadmissible. Je pense que la solution de l’avenir est un capitalisme, très bien encadré, notamment du côté des marchés financiers, mais dont les champs d’actions sont restreints. Ce que j’entends par là est que je suis convaincu que certains domaines d’activités ne doivent pas être laissés au privé. Entre autre je pense à l’énergie (dans un premier temps), à l’eau (adduction et assainissement), l’acheminement de courrier, la santé, l’éducation primaire, secondaire et l’enseignement supérieur, la sécurité (intérieure et extérieure), la préservation de l’environnement (local et global), les transports en commun et j’en oublie.

Quant aux “solutions” proposées par le président dans son discours, j’y reviendrai plus tard si possible. En attendant, voici la vidéo de son discours.

Publié dans Economie politique | Laisser un commentaire »

Et c’est reparti!

Posté par Matthieu le 2 septembre 2007

Dès le 31 août Nico est sur le pont (non pas de son bateau). Il nous fait un magnifique discours d’une heure sur l’économie politique qu’il compte mettre en place.

D’une part les annonces qu’il fait sont issus de l’idéologie néo-libérale pure avec réduction des charges sociales sur les entreprises (“sur le travail”), plus de profondeur dans l’assouplissement des35H (en gros ça sera négocié entreprise par entreprise donc adieu les 35H), plus de possibilités d’accords de branches (du cas par cas sur tous les sujets, donc plus de loi pour tous), réforme fiscale (alléger les impôts sur les sociétés qui ont déja baissé avec J. Chirac). Pour terminer au niveau idéologique, “je veux la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC avant la fin de l’année… avec les partenaires sociaux” (avec le MEDEF puisqu’à chaque fois qu’il dit cela il regarde Mme Parisot), non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 (démagogie envers ceux qui payent beaucoup d’impot et qui trouvent que ça ne sert à rien, et aussi destruction progressive de l’appareil d’Etat, fondement même de la doctrine libérale).
Et pour finir en beauté, petite blague après avoir dit qu’il allait s’inspirer des travaux de M. Attali. Tout le monde se marre sur le PS c’est trop rigolo et tous nos amis chefs d’entreprise sont heureux.
J’essayerai de retrouver la vidéo, mais sur une autre on voit la réaction de certains d’entre eux et de leur grand chef et ils ont l’air plutôt ravis. C’est dire si notre président est bien décidé à mener une politique économique dure envers les travailleurs et la plus libéral possible pour les entreprises et contre l’Etat.

Et d’autre part, il n’annonce aucune mesure concrète, donc c’est brasser de l’air pour rien, mais ça on y est habitué. En même temps, on peut se dire tant mieux qu’il ne propose pas grand chose, ça sera toujours quelques secondes de gagnées pour les plus pauvres de nos concitoyens.

Publié dans Economie politique | 1 commentaire »