Berlusconi l’éternel?
Posté par Matthieu le 15 avril 2008
On s’y attendait un peu depuis la démission de R. Prodi le 24 janvier, S. Berlusconi revient.
Et il ne fait pas les choses à moitié! Son parti à lui seul totalise 37% des voies à la chambre des députés, ce qui en fait de loin la première force. Idem pour le Sénat où il fait encore mieux avec plus de 38% des voies.
Personnellement, lorsque Prodi était président du Conseil, je ne m’attendais pas à ce que ce vieil homme d’affaire crapuleux remette sa main sur le pouvoir italien. Mais il est si avide de pouvoir, qu’il n’a pu s’empêcher d’aller le reconquérir. En outre, il doit être le seul à pouvoir faire triompher son camp, comme le fut M. Sarkozy à une époque. Donc, en réalité, on comprend qu’il veuille revenir, c’est simplement pour faire avancer les idées de son parti, et non mettre en avant sa propre personne. Ouf!
A part cette élection qui déboute une personne élue en 2006, je me pose depuis plusieurs années des questions sur l’Italie. J’ai l’impression que ses habitants sont des personnes totalement dépolitisées, et qui se laissent berner par les belles promesses démagogiques d’un homme qui incarne à lui seul l’espoir. Certes ça me fait penser à un autre pays en 2007, mais là je parle d’une maladie chronique.
J’ai vraiment peur que les Italiens (de manière générale, pas tous évidemment) soient totalement américanisés, c’est-à-dire embrigadés dans leurs propres soucis, leur travail, leur train-train, etc, et qu’ils ne pensent plus à la collectivité, ni à son bien commun. J’ai l’impression que le libéralisme, allié à leur mode de régulation sociale déjà étonnant, a pénétré tous les esprits. Les Italiens ne sont plus que des moutons, et plus à même de penser par eux-mêmes, car désespérés et devenus individualistes. En témoignent les problèmes de violence dans les stades de foot, le retour en force des mafias, et le retour de Berlusconi. En clair, j’ai l’impression que nos amis transalpins sont paumés, car de nombreux politiques se sont foutus de leur gueule. Le repli est la dernière chose lorsque la collectivité ne nous a jamais rien donné. Reste la communauté… (pas forcément un gros mot)
J’espère qu’un sursaut européen des mouvements sociaux et politiques va survenir rapidement, car sinon, les plus faibles des pays riches aussi vont pâtir gravement de la crise du capitalisme libéral qui s’annonce à grand pas.
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