Voici mon second article écrit dans le journal PS du Morbihan “Le Rappel”, n°102, du 22 octobre 2009. Bonne lecture!
L’économie sociale et solidaire, un modèle désuet? Au regard de la crise actuelle du système économique basé sur le toujours plus de profit pour quelques privilégiés qui détiennent les capitaux des entreprises, l’économie sociale, porteuse de valeurs fortes, se pose en réelle alternative, non pas au marché, mais au mode de gestion et de production en biens et services des entreprises capitalistes. En effet, partage, entraide, solidarité, égalité, responsabilité, respect, éthique, sont autant de valeurs qui sont un beau contre-pied au règne ambiant de l’individualisme, de la concentration des richesses, de l’individualisation des risques et des profits… Mais au fait, de quoi parle-t-on avec l’économie sociale et solidaire?
L’économie sociale et solidaire (ESS), ou économie sociale, est un modèle de statuts juridiques d’entreprises, qui, au lieu de s’appuyer sur du capital financier externe (des actionnaires), va chercher ses financeurs dans sa propre entreprise, sa filière de production. Ainsi, ces structures n’ont pas de comptes à rendre à des financeurs avides de dividendes élevés réguliers (ceux qui spéculent et font chuter toute l’économie par leur inconscience et leur cupidité), puisque les profits ne sont pas redistribués à l’extérieur de l’entreprise, mais à l’intérieur, soit pour améliorer les outils de production, soit les conditions de travail, de rémunérations des salariés ou autre. C’est là la première spécificité, qui est d’ordre légale, mais qui déjà crée une grande différence avec les entreprises à forme « capitaliste ». De plus, dans les coopératives ce sont les salariés qui sont parties-prenantes et donc qui prennent les décisions pour le futur de leur entreprise, et leur puissance est égale pour chacun, quelque soit son apport au capital.
Alors, quelles formes de structures forment l’ESS? Les mutuelles, les coopératives, les associations, les fondations sont des entreprises particulières portant des valeurs en rapport avec la première spécificité évoquée ci-dessus. Car l’autre grande caractéristique est de faire rimer utilité sociale avec performance économique. Car les structures de l’ESS sont souvent placés sur des marchés concurrentiels et doivent donc être au même niveau d’exigence de qualité et de rentabilité économique que les entreprises classiques. La différence étant l’éthique de vendre au juste prix, en respect avec ses partenaires, plutôt qu’au niveau le plus haut possible. Et à l’intérieur de l’entreprise c’est du même ordre: les salariés sont respectés, responsabilisés, le fonctionnement de l’entreprise est transparent, ce qui permet aux salariés de plus s’investir pour dynamiser l’entreprise. Le collectif prime sur l’individu. Une valeur qui reste chère à beaucoup de Français, malgré leurs votes divergents et la gravité de la crise actuelle.
Ce modèle économique qui prône des valeurs fortes, qui ne tombe pas dans les travers des entreprises classiques, et économiquement pérenne, a un grand avenir devant lui, notamment après la crise financière et ses effets en cascade sur les classes populaires et moyennes. A nous Socialistes, de favoriser son développement en permanence, par le biais de nos activités professionnelles et privées, mais aussi de notre consommation. C’est aussi cela qui fera changer concrètement le monde.
Matthieu Lasvènes